Leurs armes favorites étaient l'épée et l'arc. Ils excellaient aussi dans l'art du chausson, qui était alors l'exercice du luxe réservé aux seigneurs et aux nobles.
Pour combattre dans les mêlées, ils montaient dans des chariots, dont les roues faisaient mouvoir en tournant, d'énormes faux qui charcutaient assez agréablement les nez, les bras et les côtes de leurs ennemis.
Ils étaient braves jusqu'à la témérité, stoïques jusqu'à l'idiotisme. Ils refusaient de fuir d'une maison en flammes dont les murs s'écroulaient sur eux, uniquement dans la crainte que les passants les traitassent de poltrons.
Leur discipline militaire ne laissait pas que d'être assez joviale, et l'on raconte que pour un bouton de tunique mal astiqué, ou une partie de billard un peu prolongée, Vercingétorix, leur chef, un auvergnat qui ne mettait pas d'eau de Cologne dans ses mouchoirs de poches, faisait crever un oeil ou couper une oreille à ses soldats.
Ce procédé peut, au premier abord, paraître un peu barbare; mais lorsque l'on se reporte à cette époque un peu arriérée, on le conçoit aisément.
En effet, ce brave homme n'avait pas le choix des supplices : l'Odéon n'était pas bâti.
De l'an 600 à l'an 400 avant Jésus-Christ, les Gaulois eurent pour principale occupation de chercher à aller manger la soupe des Romains; Ils y arrivèrent quelque fois, et en l'an 390 ils parvinrent même, sous les ordres de Brennus, à se rendre maîtres de Rome.
Le premier soin de Brennus, en entrant dans la ville conquise, fut de faire guillotiner les femmes, les enfants et les vieillards qui y étaient restés, ayant manqué le dernier train, et de rançonner dur et longtemps ceux qui avaient de petites économies à la Caisse d'épargne de l'endroit.
On raconte à ce sujet qu'il faisait peser devant lui l'or des rançons, dans de grandes balances, dont l'un des plateaux était chargé d'énormes poids de quarante kilos, et que, lorsque les prisonniers avaient le malheur de faire une petite observation sur le coup de pouce que ne manquaient pas d'exécuter les soldats de Brennus, celui-ci jetait dans le plateau des poids ses bottines et les clefs de son armoire à glace, en leur répondant avec canaillerie :
-Malheur aux vaincus!... La force prime le droit!...
A partir de ce moment, pourtant, la veine des Gaulois parut s'amoindrir peu à peu, et ils commencèrent même à recevoir de Messieurs les Romains des décoctions périodiques, qui nuisirent énormément à leur prestige et à leur crédit dans l'esprit du public.
Enfin, en l'an 50 avant Jésus-Christ, Jules César s'installa définitivement dans les Gaules, et commença à répandre chez ces peuplades peu parfumées les bienfaits de la civilisation et des arts, qui améliorent l'homme et abrégent de quarante ans la durée de son existence.
César fit de son mieux pour établir un peu d'ordre dans les moeurs et la tenue des livres des Gaulois; mais, après sa mort, les empereurs qui prirent son fonds s'arrangèrent si bien que la conquête de César leur échappa peu à peu.