Ils avaient pour
ministres de leurs cultes de braves gens, appelés Druides, qui, à l'instar de
Calchas, le grand augure, ne se privaient guère de recommander aux fidèles la
plus grande sobriété dans l'offrande des fleurs, et prisaient mieux les oeufs,
le fromage et le curaçao de Hollande.
En examinant avec un peu d'attention l'esprit de ces âges primitifs, on reconnaît sans trop d'efforts que, malgré l'absence de toute Banque de France et de toute espèce d'administrations financières, le sac d'écus jouissait, comme de nos jours, de certain prestige et de certaines prérogatives.
Ainsi, nous voyons que lorsqu'un Gaulois, qui avait des Nord et des Mobilier en portefeuille, avait une petite colique ou un rhume de cerveau, les Druides, pour attendrir leurs dieux, construisaient d'immenses mannequins en d'osier qu'ils bourraient d'esclaves, et y mettaient le feu.
Nous devons convenir, d'après cet édifiant tableau, que la médecine a, depuis, fait quelques progrès.
Nélaton fait, il
est vrai, payer deux cent francs ses visites, mais il prescrit la même tisane
de chiendent et le même bain de pieds à la moutarde que le médecin qui se
dérange pour trois francs.