Francois Ier



Portrait en pieds de Francois PremierFrançois Ier, qui avait épousé la fille de Louis XII, monta sur le trône à la mort de ce dernier.

En fouillant avec soin les registres de l'état civil, on finit par découvrir qu'il devait avoir dans les veines quelques millilitres de sang royal, et qu'il descendait de Charles V.

Mais, le plus clair, c'est qu'il avait épousé la fille du roi.

Comme cela se pratique dans la mercerie, on passa une couche de badigeon sur l'enseigne de la maison, que l'on établit en ces termes:

Maison Louis XII
François Ier
Gendre et Successeur

François Ier était très bel homme, très instruit, spirituel, et d'une bravoure à s'en aller seul à l'Odéon.

Il avait enfin toutes les qualités qui peuvent faire la fortune d'un homme, mais qui, réunies dans un roi, mettent tout simplement le pays sur la paille, quand le souverain qui les possède n'a pas avec cela d'amour pour son peuple.

A l'exemple de ses devanciers, François Ier tourna ses vues sur l'Italie, et, comme eux aussi, il fut obligé de la laisser là, après quelques succès qui ne résistèrent point à la lessive.

Il est une chose digne de remarque, c'est qu'en fait de conquêtes bon teint, il n'est guère que celle que les souvenirs font dans leurs Etats.

Et nous n'hésitons point à déclarer que si jamais nous devenions roi, nous nous considérerions comme beaucoup plus heureux d'avoir conquis sur la déesse ignorance trente-huit pour cent de nos sujets, que d'en avoir fait autant d'invalides, pour le plaisir de donner à notre pays un champ d'artichauts dans l'île de Cuba.

Après la bataille de Marignant, qu'il gagna sur les Suisses, François Ier voulut, être armé chevalier par Bayard, un de ses généraux.

François Ier demande à Bayard de l'armer chevalier

Nous ne demandons pas mieux que de trouver saisissant cet acte de déférence; mais on est tellement échaudé avec les mises en scènes!...



En savoir plus:
Wikipédia

Bayard eût certainement dégoûté pour longtemps François Ier de la manie de jouer à l'humilité, s'il lui eût répondu:

Je ne me refuse pas à vous faire chevalier; mais encore faut-il que je prenne des renseignements sur votre moralité.

Prisonnier de Charles-Quint, François Ier, pour obtenir sa liberté, fut obligé de signer plusieurs billets, qu'il était, du reste, bien décidé à ne pas payer à l'échéance.

Ce principe de morale faisait peut-être alors partie du code de la chevalerie. Bayard a oublié de s'expliquer sur ce point.

C'est sous le règne de François Ier que commença la querelle des protestants et des catholiques.

Luther, le premier, protestat contre les prétentions de Léon X, qui avait ouvert un grand magasin d'indulgences au-dessous du cours, afin de se faire de l'argent pour bâtir la superbe église de Saint-Pierre de Rome et entretenir des zouaves pontificaux.

Encouragés par son exemple, beaucoup de gens essayèrent de lutter, ce qui leur procura l'occasion d'être brûlés publiquement par les ordres de François Ier.

Ce roi fit aussitôt exterminer les habitants de vingt-deux villages, qui s'étaient faits protestants, et brûla leurs maisons.

Le tout en vertu des règlements de la chevalerie probablement.

Toujours guidé pas ses principes chevaleresques, François Ier établit en France les tribunaux de l'Inquisition, prit souvent plaisir à aller voir couler du plomb fondu dans la bouche des gens qu'il avait livrés au bourreau, proscrivit l'imprimerie, qui avait un instant cédé à la tentation de ne point chanter ses louanges, créa des lois pour protéger les femmes adultères contre la mauvaise humeur de leurs maris, fit de sa cour le Longchamps de la prostitution et de la débauche, et s'efforça de donner lui-même l'exemple des moeurs les plus ou les moins... etc... etc...

Les tortures de l'inquisition sous Francois premier

Chevalier et noble jusqu'au bout de son cure-dents, François Ier alternait les faveurs de la duchesse d'Etampes et de la comtesse de Chateaubriant avec les caresses embaumées à l'eau de vaisselle de maritornes inavouables...

Rendez-vous galant sous Francois premierEnfin, après une vie dont la gloire eût rempli l'existence d'un membre du Jockey-Club, mais qui n'ajouta pas grand'chose à celle de la France, François Ier mourut à Rambouillet, le 31 mars 1547, entre les bras du docteur Giraudeau.

Un angelot-cupidon d'amour estropié avec des béquillesIl emporta, à défaut des regrets de son peuple, un souvenir de la belle Ferronnière, sa célèbre maîtresse, qui lui fut dévouée au point de partager avec lui tout ce qu'elle avait à offrir.

François Ier souffrit pendant neuf ans de cette affection, puis en mourut.

Ses derniers mots, dénaturés par beaucoup d'historiens furent:

Souvent femme avarie; bien fol est qui s'y fie

Après avoir jeté quelques onces de poudre à gratter dans les draps que la postérité a taillés à François Ier, il serait injuste de passer sous silence les choses louables qu'accomplit ce roi de superbe encolure.

François Ier protégea les lettres et les arts; il commenças le Louvre et fit presque son ami de Benvenuto Cellini, sculpteur fameux et très bel homme, qu'il affectionnait surtout à cause de sa coupe et de celle qu'il avait ciselée pour lui.

Francois premier qui veut tuer la revue des deux-mondes

Il bâtit Fontainebleau et fonda le collège de France.

Enfin, très amateur de vers, il en composa lui-même de très jolis, qu'il fit donner en prime aux abonnés de la Revue des Deux-Mondes,... dans l'intention de la tuer.