Les Mérovingiens - Dagobert Ier



De 628 à 631

gravure de dagobert roi merovingien culotte envers comme chanson enfantine saint eloi bon franceDagobert n’avait que vingt-cinq ans lorsqu’il monta sur le trône ; il profita de l’indulgence que lui valait son jeune âge, pour mettre sa culotte et les affaires publiques à l’envers.

Aucun roi n’a eu tant de femmes légitimes… et autres ; et le chroniqueur Frédégaire, qui donne la liste de ses épouses, a dit :

« Quant aux noms des concubines, comme il y en avait beaucoup, j’ai redouté la fatigue de les inscrire dans cette chronique. »

Du reste, il faut rendre cette justice à Dagobert Ier, c’est qu’il n’oubliait pas, pour ses plaisirs, ses devoirs de famille, au nombre desquels il rangeait en première ligne l’obligation de continuer l’œuvre de ses aïeux, en faisant supprimer le plus possible de ses sujets.



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Ainsi, outre l’empoisonnement de son neveu, fils de Caribert, l’histoire lui doit le fait suivant :

Neuf mille Bulgares, chassés de leur pays, viennent lui demander l’hospitalité ; il leur répond :

-Mais comment donc !.. certainement… Voilà des billets de logement.

Et il donne l’ordre aux habitants de la Bavière de les abriter et de leur fournir l’eau et le sel pour la soupe.

Un beau matin, Dagobert s’éveille de mauvaise humeur, parce qu’il avait été mordu par une puce, et il appelle son chambellan :

-Dites donc… Vous savez bien les 9000 bulgares ? Eh bien, toute réflexion faite, ils m’embêtent. Qu’on les saigne demain matin…

Une dépêche télégraphique est envoyée, et le lendemain, les 9000 Bulgares, en se réveillant, jettent les yeux autour d’eux, et s’aperçoivent, avec un effroi qui leur fait dresser les cheveux, - qu’ils n’ont plus de tête.

roi merovingien france dagobert assassinat bulgare baviere massacre tete coupee nuit neuf mille 9000Deux choses saillantes frappent l’esprit au premier abord dans les mœurs de ces siècles reculés : c’est la facilité avec laquelle les monarques tuaient les hommes et épousaient les femmes.

Dagobert était prodigue ; sa cour était somptueuse ; mais on doit lui rendre une justice : il ne faisait pas de dettes, et payait tous ses fournisseurs comptant, au moyen d’incessants et énormes impôts dont il accablait le peuple.

Il fit faire beaucoup de progrès à la sculpture et à l’orfèvrerie, non pas qu’il aimât l’art !... – On lui eût demandé en vain quarante sous pour un travail d’utilité publique, - mais, tout simplement, parce que la sculpture et l’orfèvrerie contribuaient au luxe de ses palais.

saint eloi gravure trone argent or pour dagobert bonIl avait fait la connaissance d’un petit bijoutier de son quartier, qui lui avait exécuté consciencieusement quelques raccommodages.

Ce bijoutier se nommait Eloi, il en fit son ami et son confident.

Eloi, qu’on a canonisé depuis, était un digne et brave homme ; le fait suivant en est une preuve :

Dagobert lui avait fourni des lingots d’argent pour lui fabriquer un trône. Avec ces lingots, saint Eloi lui fit –non pas un trône – mais deux trônes, - et deux trônes en or.



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Quand on pense que, de nos jours, il y a des bijoutiers qui vous rendent vos chaînes de montre diminuées de longueur, en vous disant que ça se raccourci au raccommodage !

Vers la fin de son règne, Dagobert mit un peu d’eau dans son vin ; non pas par pure continence ou par regret d’en avoir trop bu, mais parce qu’il lui faisait mal.

C’est du reste, l’histoire de beaucoup de conversions anciennes et modernes.

Bref, lorsque Dagobert eut renoncé aux plaisirs, ou, pour mieux dire, lorsque les plaisirs eurent donné à Dagobert ses huit jours, il s’occupa de faire une bonne fin.

Il fit bâtir beaucoup d’églises, entre autres la cathédrale de Saint-Denis, dont nous pouvons encore admirer la superbe flèche, rangée en morceaux numérotés sur le gazon qui entoure ce monument, et dont la réédification est à l’ordre du jour, au même degré que la réhabilitation de Lesurques.

Dagobert mourut de vieillesse à trente-cinq ans, après avoir fondé un prix de 500 000 francs pour le meilleur système de reproduction des rosières.

La fondation de ce prix fut, en même temps qu’une bonne œuvre, une restitution à l’humanité.

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