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A la mort de Childebert, son frère Clotaire, alors âgé de cinquante-neuf ans, sauta à pieds joints sur le trône, invoquant la loi salique qui en interdisait l’accès aux filles de Childebert.
Il était, du reste, tellement persuadé de son droit, qu’il se dépêcha de faire jeter ses deux nièces en prison.
Clotaire, bien plus encore que son frère Childebert, avait hérité des principes arsenico-poignardo-strangulatoires de Clovis son père.
Il ne régna que trois ans, et encore fut-il, pendant ce court espace de temps, tourmenté, obsédé par les remords… de n’avoir pas commis plus de crimes.
Il eut néanmoins la satisfaction de donner le jour à un fils Chramme, qui marcha dignement sur ses traces.
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Chramme commença d’abord par lui manger énormément d’argent en faisant son droit ; puis, quand son père lui eut retiré la pension de cinquante écus qu’il lui servait annuellement, et que Chramme employait tout entière à consommer des prunes chez la mère Moreau, en compagnie de quelques pieuvres du quartier latin, - il ne trouva rien de mieux que de chercher à détrôner l’auteur de ses jours.
Celui-ci, vexé du procédé, se porta à sa rencontre, lui donna les étrivières paternelles, et, décidé à lui administrer une correction qui le dégoûtât une bonne fois du crime, il fit enfermer son rejeton, ainsi que sa famille, dans une chaumière, à laquelle il mit le feu avec une boite d’allumettes amorphes.
Cette leçon profita entièrement au jeune Chramme, qui ne recommença plus.
Clotaire, qui était un homme de beaucoup de précaution, avait toujours plusieurs femmes à la fois.
On raconte à ce propos le trait suivant :
Sa première femme, Ingonde, le pria de trouver un bon parti pour une sœur à elle ; Clotaire y consentit et alla rendre visite à la jeune personne. La trouvant de son goût, il l’épousa séance tenante, et la ramena au domicile conjugal*.
-Bichette, dit-il alors à madame Clotaire, j’ai vu ta sœur, et comme je lui ai reconnu assez de galbe, je me la suis offerte, persuadé que je ne pouvais lui trouver un meilleur parti que moi-même.
Ingonde ne fit pas d’observation ; mais en s’en allant à la cuisine retourner le gigot de la communauté, elle se dit à elle-même :
-Eh bien ! mon vieux…, quand je te chargerai de mes commissions, il fera chaud.
Clotaire employa les derniers temps de son règne à plusieurs opérations du même genre, toutes marquées au coin de la plus exquise délicatesse et du respect des principes… de son époque.
Désirant faire une bonne fin, il fit bâtir un grand nombre d’églises, - ce qui lui attira les sympathies du clergé.
Seulement…
Il préleva d’énormes impôts sur les revenus des ces établissements.
A ce sujet, il répétait souvent :
-Faisons notre salut !... mais sauvons la caisse !
* Cette histoire est aussi racontée par les guides qui font visiter la crypte de la basilique de Saint-Denis. En effet, cette nouvelle épouse fut Arégonde dont la tombe a été mise au jour en 1959 par l'archéologue Michel Fleury sur le site de la Basilique du neuf-trois. Découverte exceptionnele car de nombreux objets funéraires furent mis à jour en même temps. Ce qui a permis d'apprendre beaucoup de choses sur cette époque.
Photo du Sarcophage de la Reine Arégonde qui est visible dans la crypte de la Basilique de Sainte-Denis (Crédit Photo: Oldbooks.IncognitaTerra.Org)