Si Charles VII put succéder à son père, ce ne fut pas certes de sa faute, car il eut un rival, Henri IV, roi d'Angleterre, qui ne demandait pas mieux que de prendre sa place.
Il fallut que ses partisans y missent beaucoup de bonne volonté, et lorsqu'il fut au pouvoir, il apporta autant de soin à ne rien faire pour le conserver qu'il en avait mis pour ne pas le conquérir.
Ce monarque était tellement indolent et mou, que plusieurs historiens sérieux n'ont pu mieux le comparer qu'à deux sous de colle de pâte sur du papier.
Les Anglais profitèrent de cette circonstance pour ravager de nouveau la France, et notre pays ne serait probablement, à l'heure qu'il est, qu'un immense plum-pudding, sans l'intervention d'une jeune fille de Domremy, nommée Jeanne d'Arc, qui vint un matin secouer le roi par la manche, en lui disant d'un ton solennel:
Eh bien!... à quoi penses-tu donc?...
Jeanne d'Arc se procura alors une armure dans le magasin d'accessoires de la Porte-Saint-Martin, et conduisit Charles VII à Reims pour l'y faire sacrer.
Charles VII y alla en bâillant, et en se disant, à moitié endormi:
Alons-y tout de même!... mais ça m'est bien égal. Il trouva, dit-on, que la cérémonie du sacre durait un peu trop longtemps, et partit avant la fin pour tailler un bac dans une maison interlope de la rue de Lourcine, en murmurant:
Sont-ils assez rasants, ces cocos-là!...
Jeanne d'Arc tomba bientôt au pouvoir des Anglais, à la suite d'un combat qu'elle avait perdu.
Elle n'avait perdu que ça... et un porte-monnaie de quinze sous.
C'est peu pour une existence si bien remplie.
Charles se livra de plus belle aux graves occupations du bézigue, du culottage des pipes et de la fréquentation assidue de Mabille.
Cependant, une violente passion, qu'il éprouva pour Agnès Sorel, réveilla en lui l'amour de la gloire.
Charles VII avait passé dix-sept années de son règne dans une sorte d'ivresse: l'amour lui rendit sa dignité et sa raison.
En un mot, Agnès Sorel, comme l'a dit ou aurait pu le dire Anquetil, fut la soupe à l'oignon de ce monarque.
Charles VII règna encore vingt-deux ans, qu'il consacra avec énergie à réparer les malheurs qu'il avait causés à son pays.
Vers la fin de son règne, cependant, l'amour du perdreau truffé reprit le dessus, et il se vit abandonné de ses serviteurs.
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Persuadé que son fils Louis voulait à tout prix se débarrasser de lui, il se laissa mourir de faim, dans la crainte qu'on ne l'empoisonnât.
On s'est depuis beaucoup moqué de Gribouille, se jetant à l'eau pour ne pas être trempé par une averse.
Nous tenons à constater, en passant, cette injustice de l'histoire.
Avant de mettre les volets au règne de Charles VII, il est de notre devoir de signaler à nos lecteurs combien fut précieux pour la France, à cette époque, le sexe auquel nous devons Cora Pearl, sans en être plus fiers pour cela.
En moins de vingt ans, trois femmes surgirent, au moment où le besoin s'en faisait impérieusement sentir:
Odette !
Jeanne d'Arc !!
Agnès Sorel !!!
Nous devions cette réparation à ce sexe, qui a produit depuis la reine Pomaré, Rigolboche et Thérésa.
C'est dans l'agonie de Charles VII, mort d'inanition, que les journalistes de notre siècle peuvent trouver le plus facilement les maux de la faim, dont ils sont souvent si avides, et quelquefois si à vide.