Les Carlovingiens - Charlemagne

Après la mort de Pépin le Bref, leur père, Charles et Carloman commencèrent à vivre en assez mauvais termes.  

Le partage de la vaisselle, du linge et des chaussures de leur papa fut, dit-on, la cause première de leur mésintelligence.

Toujours est-il que bien souvent la douce Berthe, leur mère, eut toutes les peines du monde à les empêcher de se horionner.

Cependant, cette inimitié cessa… à la mort de Carloman, qui s’éteignit à la fleur de l’âge et à Villers-Cotterets, laissant deux fils, à qui Charles prit carrément l’héritage de leur père, pour leur éviter probablement les ennuis d’un partage.

Charles fut ainsi souverain de toute la France, circonstance à laquelle il dut de n’avoir aucune discussion avec ses voisins.

Il vécut d’abord avec une femme, nommée Himiltrude, dont il avait un fils et peu à se louer.

Himiltrude, ayant eu avec sa belle-mère Berthe quelques discussions, à propos de la dépense du ménage, cette dernière décida Charles à répudier sa femme, et lui en amena une autre, nommée Hermengarde, sœur de Didier, roi des Lombards.

Charles l’épousa à condition, et ne tarda pas à la laisser pour compte à son frère.

gravure d'Hildegarde princesse allemande femme de charlemagne suite à Himiltrude et HermengardeIl prit enfin pour compagne Hildegarde, princesse allemande, dont il avait distingué les talents pour la confection de la choucroute.

Ah !... c’était le beau temps de l’hyménée !...

On pouvait y goûter…

Ça n’engageait à rien.

Charlemagne conquit, pendant son règne, une grande quantité de lauriers sur le dos des Saxons, à qui il flanqua de formidables dégelées.

Il suivit aussi l’exemple de son père, en aidant le pape Adrien Ier à conserver son équilibre dans son royaume.

A la suite d’une crasse que lui avait faite Witikind, chef des Saxons, Charlemagne, furieux, se fit livrer 4000 de ses soldats, et leur fit trancher la tête en sa présence.

On a prétendu que ce chiffre de 4000 était exagéré. Du reste, il est à remarquer que les annalistes ont la toquade des zéros.

Comme ça ne leur coûte rien, ils en usent !...

Enfin, mettons les 4000 Saxons de Charlemagne à un quarteron et demi, et n’en parlons plus.

C’est ici le moment d’entretenir nos lecteurs de la fameuse histoire de Roland, neveu de Charlemagne, et de rétablir, dans ses justes proportions, la légende de Roncevaux et celle de Durandal.

Plus...

Wikipédia

Forum Passion-Histoire

Légende de Roland et de Durandal

Roland ou Rotland était neveu de Charlemagne, qui le gâtait beaucoup, et répétait sans cesse, en le prenant sur ses genoux :

-est-il gentil, ce crapaud-là !

Ces familiarités firent oublier à Roland le respect qu’il devait à son nononcle, et un jour, il était sur le point d’épouser Alde la belle, il poussa le sans-gêne jusqu’à poser sur le fauteuil du roi une tarte aux pommes, au moment où celui-ci allait s’asseoir.

Charlemagne se releva, vexé, autant qu’humide, en disant à son neveu :

-elle est mauvaise, celle-là, galopin !...

Et il lui flanqua sa serviette à la figure.

Roland, perdant toute contenance, se précipita sur son oncle, dans l’intention bien arrêtée d’en faire au moins deux.

charlemagne roland tarte dispute zouave avant roncevaux histoire de franceLes courtisans présents à cette scène le retinrent.

Mais Charlemagne ne le retint pas, au contraire :

-va-t-en !... lui dit-il, en essuyant le fond de sa culotte… va-t-en, propre à rien !... Une tarte toute neuve !... Tu n’es qu’un polisson !

Et Roland s’engagea dans les zouaves, où il se fit bientôt remarquer pas sa bravoure… et sa mauvaise tenue.

Charlemagne lui pardonna l’histoire de la tarte, et l’emmena avec lui en Espagne, où il se rendit en 778, dans l’intention de se payer la ville de Saragosse.

Les Musulmans se prêtèrent peu à cette petite combinaison, et l’empereur fut contraint de revenir précipitamment en France, avec ses troupes, dont il confia l’arrière-garde à Roland.

soldats musulmans qui n'apprécient pas trop Charlemagne tentant de prendre SaragosseSurprise, par trahison, dans la vallée de Roncevaux, par un coquin nommé Ganelon, l’arrière-garde, commandée par Roland, fut taillée en copeaux, et Roland lui-même y fut occis.

Mais, avant de mourir, il accomplit des prodiges.

D’abord, avec sa Durandal, un coupe-choux qui vous partageait une montagne de granit comme un gâteau de Savoie, il trouva moyen d’abattre douze mille têtes, dans un bataillon composé de quinze cents Vascons ennemis.

Pressé par ses soldats d’appeler à son secours Charlemagne, en sonnant de son olifant, magnifique trombone à piston, que son oncle lui avait bel et bien acheté 180 francs chez Sax, et qu’il portait toujours sur lui, on n’a jamais su pourquoi, il refusa de le faire.  

Mal lui prit de cet entêtement, car, accablé par le nombre, il fut écrasé, et se trouva bientôt seul dans la vallée, n’ayant plus pour compagnie que sa Durandal et son sax-horn.

Il voulut au moins, avant de mourir, briser son glaive, afin qu’il ne tombât point entre les mains de ses ennemis.

« Point ne le put » (style de la légende).

roland à roncevaux qui détruit des montagnes avec son epee durandal et son corOn voit encore à cet endroit des précipices de 800 mètres de profondeur, et à côté, des monts énormes.

Les précipices ont été produits par les entailles que Roland fit à terre, en la frappant de Durandal, et les monticules sont formés des mottes de terre que cet outil, comme on n’en fait plus, fit jaillir du sol.

Ces détails, que raconte l’histoire de Roland, sont vraiment incroyables, et pourtant…

Personne n’y croit.

Enfin, voyant qu’il ne pouvait parvenir à ébrécher son bancal, Roland, exténué, prit le parti de souffler dans son ophicléide, en sol mineur, pour appeler son oncle.

« Et de suite se mist dare dare à, dans le goulot, souffler. » (Toujours style local)

Il souffla tant… tant… et si fort, qu’il en fendit les tubes et le pavillon.

roland soufflant dans le cor pour appeler Charlemagne à RoncevauxDe là est venue cette expression, qui a traversé bien des révolutions pour arriver pure jusqu’à nous : « S’en faire éclater le cylindre ». 

D’après une version, il eut le temps, avant de mourir, de remettre à Baudoin, son frère, accouru à son secours, sa flamberge et son instrument de musique.

D’après un autre, ce fut Charlemagne lui-même qui arriva dans la vallée de Roncevaux pour recueillir les pieuses reliques de ce héros.

On prétend que le premier mot du monarque, en voyant son neveu étendu roide sur le gazon, et serrant sur son cœur son sax-horn, fut :

-Un si beau trombone !...

Ici s’arrête la légende de ce fameux Roland, qui eut l’héroïque courage d’affronter ses ennemis, muni d’une arme invincible.

De même que le bouillant Achille fut sans peur, parce qu’il se sentait invulnérable, de même qu’une frégate blindée enfonce sans pâlir un petit navire marchand, de même Roland, à l’aide de son couperet fantastique, débitait les Pyrénées en tranches et fauchait ses ennemis comme un champ de luzerne.

Il avait un sabre à aiguille ; voilà toute l’affaire.

La Turquie s’est flattée longtemps de posséder la fameuse Durandal de Roland.

La ville de Toulouse, de son côté, a montré son olifant.

Nous sommes en mesure d’affirmer que toutes ces exhibitions sont mensongères.

La Durandal de Roland a été adjugée à la compagnie des chemins de fer de l’Est qui en a fait faire des rails.

Elle a fourni une longueur de 715,063 kilomètres, et il en est resté un bout, avec lequel le chef de gare de Strasbourg s’est fait un sabre de garde national et un couteau à découper.

Quant au fameux olifant, crevé par Roland dans la vallée de Roncevaux, c’est le premier piston du Grand Opéra qui le possède. Il a été restauré et mis au nouveau diapason. Nous abandonnerons le domaine de la fiction, pour repiquer de nouveau une tête dans la réalité.

Plus...

Wikipédia

Forum Passion-Histoire

Charlemagne, on doit lui rendre cette justice, fut le premier monarque qui donna quelques essor aux lettres, qu’il cultiva lui-même.

Il faisait copier et recopiait de sa main les vieux manuscrits qu’il dénichait dans son grenier, tels que les Contes de Perrault et les Mémoires de Thérésa.

Il faisait quelquefois sa petite tournée dans les écoles mutuelles, pour s’assurer qu’on n’y jouait pas à la toupie pendant les heures des études.

charlemagne qui a invente l'ecole maudit charlemagne gravureOn raconte même à ce sujet que, mécontent un jour du peu de progrès des jeunes étudiants qu’il rassemblait dans l’école de son palais, il leur tint ce langage :

« Propres à rien !... vous vous imaginez, parce que vous avez le sac et que vous êtes les mioches les plus huppés de mon royaume, que votre naissance et votre trois pour cent vous suffisent !... Vous croyez que vous n’avez nul besoin de vous instruire, et que vous pouvez impunément mettre trois H dans le mot clarinette, sous prétexte que votre position vous permet d’aller cascader aux courses du bois de Boulogne, avec des grues qui montrent leurs jambes jusqu’à la cheville, en commençant par la tête, dans la Biche au Bois… Vous ne pensez qu’au lansquenet, aux caboulots, à la femme à barbe et au bal Bullier !... Mais, prenez-y garde… je vous le jure sur la tête d’Offenbach !... Je ne fais aucun cas de vos titres ni de vos monacos… Si vous ne vous mettez pas de suite à me copier votre Lhomond et votre Henri Martin, vous n’obtiendrez jamais rien de moi, pas même une place de garde –champêtre ! Entendez-vous, tas de galopins ?... ».

Ces nobles paroles sont assurément les plus belles qui aient été prononcées par ce monarque. Outre le sentiment qu’elles expriment, elles sont empreintes d’une élégance de style qui servit souvent de modèle aux écrivains des siècles suivants, entre autres à Fénelon. (Voir les remontrances de Mentor à Télémaque).

Charlemagne avait une bibliothèque… qui lui servait aussi de buffet et de salle à manger.

La nuit, il se relevait pour étudier le cours des astres, quand il avait pris le soir des pilules Dehaut.

Il parlait plusieurs langues : le maubertois, le lorrain et l’auvergnat. Dans les discours solennels, il mêlait les trois idiomes.

Il avait formé une académie dans son palais ; on se réunissait le mardi soir autour du poêle, et là, en faisant griller des marrons, on jouait des charades et on commentait Timothée Trimm…

Chacun des membres s’était décoré de quelque nom illustre de l’antiquité ; il y avait Homère, Horace, etc.

Charlemagne s’était humblement baptisé David…

Pourquoi pas Victor Hugo ?

La toquade des savants était de faire des vers. Autant que possible, ils les faisaient rimer : mais quand c’était par trop gênant, ils accouplaient sans aucun scrupule phosphore avec moutarde.

Quant à la mesure et à la cadence, ils trépignaient dessus avec une bonne foi et un ensemble, qui ne se sont jamais retrouvés depuis dans aucune réunion d’orateurs politiques, pas même à Versailles.

Si un mot faisait loucher leur versification, ils vous en mettaient la moitié au commencement du vers, et l’autre à quinze mètres plus loin… ça ne faisait pas un pli. Les mots trop longs,… ils divisaient ça comme de la galette.

Exemples authentiques :

Alcuin, un des Viennet du temps, qui, par parenthèse, avait pris modestement le nom d’Horace, écrit en vers à un de ses amis :

« En des sons étrangers t’ENTRE voulant TENIR. »

Nos lecteurs ont compris que cela voulait dire :

« Voulant t’entretenir ».

Et cette autre, qui est l’épitaphe de Charlemagne :

« Le vingt-huit JAN, il quitta VIER la terre ».

Comme on peut le voir par ce qui précède, les savants de ce temps-là n’avaient pas encore inventé la liberté de la boucherie, mais, à coup sûr, ils s’étaient payé celle de l’hémistiche.

savant astronomie au temps de charlemagne Nos poêtes aujourd’hui se font autrement que cela les esclaves de la mesure et de la rime.

Ils ne prennent de licences qu’à l’égard de la raison ; mais ils lui en font quelquefois voir de dures.

Voici quels étaient, du temps de Charlemagne, les principaux systèmes astronomiques adoptés:

La lune n'éclaire la terre que la nuit; elle a des habitants, mais elle n'a pas de marchands de contre-marques.

Les étoiles sont des étincelles, restées suspendues en l'air, à la suite d'un grand feu d'artifice, tiré sur les hauteurs du Trocadéro, à l'occasion de la première dent de Clovis.

Le soleil est une grosse lampe à esprit de vin, que l'ordonnateur allume le matin pour faire sa cuisine, et éteint le soir en allant se coucher.

Les jours où il n'y a pas de soleil sont ceux où le grand ordonnateur mange froid.

Les ciel est rond et concave comme un ballon en caoutchouc; la terre, immobile, est placée à son centre.

Cependant la terre tourne sur elle-même, quand il y a du vent.

On n'était pas fixé sur la forme de la terre; les uns la disaient ronde, et les autres carrée; enfin quelques astronomes prétendaient qu'elle avaient la forme d'un casque de lancier.

Les médecins commençaient à faire des leurs.

les cimetierres se remplissent à cause des médecinsCharlemagne s'en servait peu. Il vécut longtemps.

Un jour de Saint-Pierre, le pape Léon, à qui Charlemagne avait rendu quelques services, en faisant consolider, pas son ébéniste, le pied de son trône, s'approcha de lui et, devant le peuple, le proclama empereur d'Occident. Charlemagne, à cette nouvelle, versa un pleur de surprise et de joie.

Charlemagne verse une larme quand il est nomme empereur d'occident par le pape LéonAucun historien n'a mis en doute la sincérité de la joie; quant à la surprise,... on n'a jamais su au juste à quoi s'en tenir.

Sous Charlemagne, les jugements de Dieu, dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs, existaient encore.

On se payaient des factures à coups de sabre.

Et en cas d'adultère, l'amant donnait au mari, comme compensation, une estocade qui lui enlevait le nez.

Cela se fait encore de nos jours; seulement, ce n'est que toléré.

Charlemagne mourut à Aix, à l'âge de soixante-douze ans, laissant, comme unique héritier, son fils Louis, qui se partagea l'empire à lui tout seul, donnant pour la première fois, depuis l'établissement de la monarchie, l'exemple de l'entente la plus cordiale avec ses frères, morts, du reste, depuis longtemps.