Les Carlovingiens - Louis III

Malgré les dispositions de leur père Louis le Bègue, Louis III et Carloman eurent toutes les peines du monde à se faire octroyer la couronne.

Il se trouva des mécontents, qui prétendirent que la France, étant menacée sans cesse par les Normands, ce n’étaient pas des gamins qu’il fallait mettre sur le trône, mais des hommes faits.

Il y a toujours des gâteux qui viennent vous tenir des raisonnements impossibles.

Bref, ils furent couronnés sous la raison sociale :

Louis III, Carloman et Cie.

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gravure Histoire France Normands Louis Carloman Ce qui procura aux Normands, qui les guettaient, la facilité de se fixer un peu plus chez nous.

Les deux rois associés eurent une fin malheureuse et presque analogue.

Histoire France gravure mort LouisLouis III poursuivait un jour une jeune fille qui fuyait ses emportements. Son cheval, qui probablement avait des sentiments plus honnêtes que lui, l’entraîna sous une porte basse, par la porte Saint-Denis très probablement, et il s’y brisa les reins.

La famille de la jeune personne, si miraculeusement sauvée du déshonneur, adopta, dit-on, le coursier vengeur, et lui constitua une rente de 1200 francs, reversible sur la tête de ses enfants, après s’être assurée qu’il n’en pouvait plus avoir.

Histoire France gravure mort carloman sanglier chasseSon frère Carloman, lui, fut tué à la chasse par un sanglier, auquel il était dans l’intention d’en faire autant, s’il eût attrapé.

Les historiens ont diversement interprété la conduite de ce sanglier régicide.

L’opinion la plus répandue est que tout autre sanglier, à sa place, eût agi de la même manière envers son monarque.

D’autant plus qu’il a été parfaitement établi que Carloman, en poursuivant ainsi ce porc des bois, avait complètement négligé de se faire reconnaître par lui…

Ah ! S’il lui avait dit :

Je suis le roi !...

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Mais il ne le dit pas.

Alors, le sanglier, pas plus bête qu’un autre, se tint ce simple raisonnement :

A toi-z-à moi !... Tiens bien ton bout, chacun pour son compte !

Ainsi, nous voyons ces deux rois se faire démolir : l’un en poursuivant une pauvre femme, l’autre en traquant un sanglier.

Le jour où ce désagrément leur est arrivé, nul doute qu’ils eussent échappé à ce danger s’ils avaient présidé leur conseil des ministres aux tuileries et s’étaient occupés, selon leur devoir, à examiner le meilleur système de fusil à aiguille.

Ces deux princes moururent sans enfants.

C’est dommage… une si jolie espèce !...